Bien que la pandémie ne soit pas terminée, selon certains spécialistes de la santé, « l’immunité collective » ne sera sans doute pas atteinte avant 2022, voire plus tard. Un optimisme grandissant (mais mesuré) permet de croire que le pire est derrière nous. En effet, des millions de personnes dans le monde, dans des pays comme les États-Unis, le Canada et le Royaume-Uni, ont amorcé leur retour au bureau. Quant à ceux qui n’ont pas encore fait leur apparition autour de la machine à café, il est probable qu’ils y reviendront dans le courant de l’année 2021 (si ce n’est pas à plein temps, au moins quelques jours par semaine ou par mois).

Certaines caractéristiques de l’environnement de travail seront familières (ce qui est une bonne chose), car après environ un an et demi de confusion et de chaos, nous avons tous besoin de stabilité et de prévisibilité. Cependant, d’autres éléments seront différents, y compris les compétences requises pour s’épanouir dans l’avenir.

Nous vous présentons ci-dessous six compétences que Fast Company a jugées particulièrement utiles sur un lieu de travail post-pandémie :

1. L’autodirection

L’autodirection n’est pas identique à l’autogestion. L’autogestion consiste à se responsabiliser, à être organisé et à répondre aux attentes et aux échéances sans avoir recours à une supervision continuelle (ou dans certains cas à aucune supervision). L’autogestion consiste à assumer un rôle actif dans l’acquisition des compétences, des ressources et du support dont on a besoin pour effectuer son travail et développer sa carrière. Ainsi, les travailleurs sont appelés à être leur propre « mini-département RH » et à ne pas se reposer uniquement sur leur employeur pour leur développement professionnel.

2. Capacités numériques

En ce qui a trait aux capacités numériques, il y a deux éléments que les travailleurs doivent adopter, l’un évident, l’autre non. L’aspect flagrant est qu’ils doivent être à l’aise (et idéalement enthousiastes) afin d’utiliser les nouveaux outils et technologies numériques. Ce qui n’est pas évident (et qui va sans doute poser quelques problèmes à l’avenir), est la reconnaissance du rôle des technologies numériques dans l’évaluation de la performance et de la productivité des travailleurs. Aujourd’hui encore, nous observons une certaine tension, car certains travailleurs à distance s’opposent à ce qu’ils estiment être des outils de suivi et de surveillance intrusifs. Il s’agit là d’un phénomène à ne pas perdre de vue, y compris la nouvelle législation qui pourrait définir ce que les employeurs peuvent et ne peuvent pas faire.

3. Empathie

L’empathie est communément perçue comme la capacité de compréhension et de partage des sentiments d’autrui ; ou, comme l’a écrit Harper Lee dans son livre fondamental, To Kill a Mockingbird, il s’agit de « se glisser dans la peau d’une autre personne et de se mettre à sa place ».

Si la nécessité et la valeur de l’empathie sur un lieu de travail ne sont assurément pas récentes, ce qui évolue, c’est la sensibilisation au fait que l’empathie peut également exercer une influence positive. En outre, être empathique ne signifie pas simplement s’identifier aux personnes qui souffrent, se battent ou subissent des difficultés et les aider. Il faut également se lier à ceux qui sont motivés et enthousiastes, et envisager comment on peut contribuer à cette vision. Il s’agit d’une version optimiste et positive de l’empathie, dont nous avons désespérément besoin après tant de mois d’anxiété et de réflexion sur le « pire scénario ».

4. Gestion de la communication

Comme pour des compétences telles que les capacités numériques et l’empathie, il n’y a rien de novateur à souligner l’importance de la gestion de la communication. En fait, même avant l’apparition des téléphones intelligents (!) et de l’internet (!), la gestion de la communication a toujours été une compétence fondamentale. Ce qui diffère aujourd’hui, c’est que les compétences en communication doivent s’étendre à toutes les plateformes. Brannon Lacey, président de PeopleScout, une entreprise de sous-traitance de processus de recrutement, déclare :

« Vous devez être davantage habile avec vos mots. De plus, vous devez faire preuve de concision et de finesse pour réussir à faire circuler vos idées et vos concepts de manière efficace et efficiente. Vous devez en outre savoir quand utiliser telle ou telle plateforme et recourir à la vidéo, à l’audio et à la communication numérique de manière à ne pas favoriser des répercussions néfastes, telles que la lassitude ou le manque de participation. »

5. Adaptabilité

La nouvelle forme d’adaptabilité dans un monde post-pandémique est que les travailleurs à tous les échelons, des nouveaux stagiaires aux cadres aguerris, doivent trouver des tactiques, des stratégies, des méthodes et des outils pour rester efficaces et fonctionner même lorsqu’ils sont un peu incommodés. À cette fin, il est recommandé aux travailleurs qui souhaitent se démarquer et consolider leur carrière de relever de nouveaux défis et de sortir de leur zone de confort pour faire ce que Julia Lamm, associée en stratégie de la main-d’œuvre chez PwC, qualifie de « renforcement des muscles de l’adaptabilité. »

6. Compétences de motivation

De prime abord, cette compétence peut paraître un peu étrange. En effet, depuis quand motiver les autres est-il une compétence indispensable? La réponse à cette question est en lien avec la discussion précédente sur la capacité d’adaptation. Les employés qui sortent de leur zone de confort sont susceptibles de se voir confrontés à une certaine résistance de la part de ceux qui préfèrent maintenir le statu quo. Et si aller de l’avant avec assurance peut être commode, cela peut déclencher des conflits interpersonnels et détériorer les relations.

Par conséquent, les travailleurs doivent être en mesure de motiver les autres de manière intelligente, respectueuse et efficace, en amenant leurs collègues à adhérer à une vision à laquelle ils ne sont pas forcément favorables à 100 %. Art Mazor, un leader mondial de la transformation des RH, a déclaré « Je suis sans doute le plus grand preneur de risques (une des capacités de changement les plus importantes) mais si je fais partie d’une entreprise qui n’est pas véritablement préparée à faire preuve de courage face à l’ambiguïté, alors je vais me retrouver un peu seul sur mon île. »

Le mot de la fin

Bien que nous ne sachions pas précisément à quoi ressemblera l’avenir, nous pouvons tous affirmer ceci avec certitude : la COVID-19 marquera (et, à bien des égards, a déjà marqué) un profond point de basculement dans l’histoire. Nous envisagerons désormais le monde à travers le prisme de la « pré-pandémie » et de la « post-pandémie ». Les travailleurs qui cultivent les six compétences évoquées ci-dessus seront très certainement ceux qui s’épanouiront dans le nouvel environnement du monde du travail. Ils contribueront ainsi à établir la norme et l’exemple que les autres admireront, voire imiteront.